Soutenances publiques : DNSEP Art mention Conservation-Restauration des oeuvres scupltées de Tours

Soutenances publiques
du DNSEP Art,
mention Conservation-restauration des œuvres sculptées

Jeudi 26 mai 2016
hall d’accueil
40, rue du Docteur Chaumier à Tours

Entrée libre

Nous avons le plaisir de vous convier aux épreuves du Diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP), conférant grade de master, option Art, mention Conservation-restauration des œuvres sculptées.

Les pièces des diplômes seront visibles de 11 h à 11 h 15 et de 14 h à 14 h 15. Les ateliers (rez-de-jardin) seront ouverts au public à l’issue des soutenances.

Programme
11 h 15 : Jee Hae Han

Bourdelle, Émile-Antoine, Étude et restauration de trois bustes d’Irène Millett, autour de 1920, plâtre polychromé (n° inv. MB PL 3581), terre cuite polychromée (n° inv. MB TE 3583), plâtre gomme laqué (n° inv. MB PL 3582), Paris, musée Bourdelle.
Les trois bustes d’Irène Millett font partie d’une série de six portraits qui comprend trois plâtres, dont deux polychromés, une terre cuite polychromée, une pâte de verre teintée et un bronze. Une partie importante de notre travail a tout d’abord consisté à établir et proposer l’ordre de succession de cet ensemble de portraits. Il s’agit vraisemblablement de la série la plus représentative de l’artiste du point de vue de l’expérimentation de la polychromie et de l’utilisation de différents matériaux. Dans ce sens, il est important de mettre en valeur l’aspect des bustes et leurs couches picturales afin d’en améliorer la visibilité. Le plâtre MB PL 3581 est une œuvre très intéressante dans la mesure où le plâtre polychromé est un sujet plutôt rare dans l’histoire de la polychromie sur la sculpture des XIXe-XXsiècles. De plus, il s’agit d’un plâtre original, modèle initial de la série. Sa polychromie était très lacunaire et encrassée, ce qui a impliqué un important travail de nettoyage et de retouche. Les interventions sur le buste en terre cuite polychromée MB TE 3583 sont également importantes. C’est la seule épreuve réalisée en collaboration avec le céramiste Jean Cros comme pour la pâte de verre MB PL 2111. Les comblements des parties manquantes, à la suite d’un accident de cuisson, ont pour objectif de rendre la cohérence des volumes pour une meilleure compréhension du buste. D’autre part, ils ont permis de renforcer le buste structurellement. Ces interventions ont pour but d’assurer la sécurité du buste et permettre sa présentation au sein du musée.
14 h 15 : Lucie Antoine

Étude et restauration de parures de culte vaudou d’origine béninoise et togolaise, début du XXe siècle, métal, fibres végétales, graines, cauris, perles, cuir, calebasse, Lyon, Musée africain des cultures de l’Afrique de l’Ouest.
Cette étude concerne un ensemble de cinquante et un objets collectés au Bénin par des missionnaires et une coiffe togolaise, datés du début du XXe siècle. Ces différentes parures étaient destinées à être portées par des initiés et des adeptes à l’occasion des cérémonies vaudoues liées au culte des Nesuxwe – Vaudou rattaché à la famille royale d’Abomey. Formé d’une vingtaine d’éléments, cet ensemble intitulé « lot de féticheuse » a progressivement été enrichi par d’autres objets présentant des similarités. C’est pourquoi le parcours de ces parures demeure-t-il peu documenté. Malgré les recherches menées, un certain nombre de questions reste en suspens.

La diversité des matériaux et de leur mise en œuvre a orienté notre travail vers des interventions de conservation-restauration variées. Les altérations observées, d’origine mécaniques et chimiques, sont étroitement liées au statut fonctionnel des objets, également aux conditions de conservation inhérentes à leur parcours. Notre travail a principalement consisté en la conservation de ces parures hétéroclites, afin de rendre possible leur manipulation et leur présentation. Aussi, notre intervention comprend-elle notamment des opérations de collage, de consolidation, de renfort, de remise en forme de fibres textiles, mais également l’établissement de structures de maintien pour l’exposition de ces parures au sein du musée.

15 h 15 : Agathe Houvet

Saint Georges terrassant le dragon, Étude et restauration d’un haut-relief de la forteresse royale de Chinon, second quart du XVe siècle, tuffeau blanc de Touraine, traces de polychromie, 123 x 131 x 35 cm. Chinon (37), forteresse royale.
Le relief est très morcelé et seuls vingt-neuf fragments parmi l’ensemble lapidaire issu des fouilles archéologiques ont été identifiés comme lui appartenant. Son histoire n’était pas moins incomplète dans la mesure où nous ne savions rien de cette sculpture, remarquable toutefois par sa qualité d’exécution. L’étude historique a permis de situer le relief sous le règne de Charles VII qui couvre le second quart du XVe siècle. La première opération a été de déposer les fragments anciennement remontés de façon inadaptée avec du plâtre sur une dalle de béton. Le relief n’ayant pas bénéficié des conditions de conservation convenables a ensuite nécessité un important travail de nettoyage. Un traitement de consolidation a été effectué afin de rendre à la pierre sa cohésion mise à mal par l’action des sels solubles. Une étude scientifique menée en parallèle a permis d’identifier les sels responsables de ces dégradations et de définir de façon précise les conditions les plus favorables à la préservation des fragments. Enfin, nous avons dû concevoir un dispositif de présentation qui permette le meilleur positionnement des fragments, de garantir la sécurité de l’ensemble. Cela a permis de restituer au relief son unité esthétique et une meilleure lisibilité. Après de nombreuses années délaissé et méconnu du public, le relief sera exposé dans les salles de la forteresse royale de Chinon.